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lundi 4 avril 2016

La Côte d'Andaman, la côte 007

Le temps de la pause est arrivée!

Après la Thaïlande, nous devions enchaîner sur le Laos mais la grosse fatigue qui nous poursuit depuis l'Argentine et un petit changement d'itinéraire nous ont poussés jusqu'au sud de la Thaïlande, sur la côte d'Andaman.

Depuis Chiang Mai, nous avons donc pris l'avion pour Krabi. S'en est suivi un long trajet en van, les passagers voyant peu à peu leur espace envahi par des tas de cartons confiés au chauffeur au fil de sa tournée des popotes... pour enfin atteindre notre destination finale: l'île de Koh Lanta (tant pis pour le pléonasme, "koh" signifiant île). L'île s'appelle en réalité Koh Lanta Yai et constitue la plus grande des 52 îles qui forment l'archipel protégé par le parc national maritime de Koh Lanta.

Dans le van, nous faisons la connaissance d'un charmant couple d'Italiens, Antonio et Silvana, qui nous parlent de leur hôtel fait d bungalows pas très chers et face à la mer. Il ne nous en fallait pas plus pour les suivre!

Notre bungalow, le moins cher, ne faisait pas vraiment face à la mer mais en faisant quelques pas, nous pouvions déjà l'apercevoir, bref le cadre était très sympa! La plage, par contre, nous a un tantinet déçus, le sable n'est ni blanc ni fin, des rochers bordent la mer: la plage est jolie mais loin d'être paradisiaque!
Certes nous nous y attendions, mais le spectacle donné par la brochette de beaufs néerlandais rougissant sur la plage n'arrange pas notre manque d'enthousiasme. Le lendemain, nous louons donc un scooter pour explorer les autres plages de la côte ouest mais elles se révèlent toutes plus ou moins similaires à la nôtre. Résultat des courses, nous décidons d'arrêter notre quête du graal, de rester dans notre bungalow, de faire fi de l'ambiance et enfin de nous reposer!

Notre programme quotidien est alors devenu le suivant: réveil au son des oiseaux mêlé de temps à autre à un vroom de scooter, petite baignade matinale, farniente toute l'après-midi et bain du soir en admirant le coucher du soleil... Elle n'est pas belle la vie?


Le chemin depuis notre bungalow pour se rendre à la plage, nous avons connu pire...

Et au bout, la plage de Hat Phra Ae
Le petit baigneur

Non loin du parc national maritime de Koh Lanta, qui comprend la pointe sud de l'île


Il fait très chaud l'après-midi, toute activité fatiguante est donc proscrite!

Alors on bouquine tranquillement

On teste certains fruits, aujourd'hui c'est le fruit du dragon!

Puis quand arrive le soir, on contemple le coucher du soleil


... et une fois, on s'est même accordé le luxe d'un petit mojito!

Au bout d'une petite semaine, l'envie de repasser à l'action nous titille. Nous mettons alors le cap vers la baie de Phang-Nga, connue pour ses impressionnantes montagnes calcaires dentelées. Des scènes de deux James Bond, L'Homme au pistolet d'or et Demain ne meurt jamais y ont été aussi tournées, le genre de détail qui attise notre intérêt pour le lieu.

Avant de visiter la baie, nous avons sillonné les environs de la ville de Phang-Nga, également parsemés de formations karstiques et de grottes en tout genre. Nous avons par ailleurs pu remarquer la diversité des cultures de la région: d'immenses plantations d'hévéas, de palmiers à huile, d'hévéas mais aussi de palmiers à huile...

L'étrange accueil du temple Tham Ta Pan

Vous noterez le jeu de la comédienne

Dans le parc Somdej Pra Srinakarin

Le parc forestier de Sa Nang Manora
Le plastique c'est fantastique, le caoutchouc, super doux!
Huile de palme à gogo, mais l'huile d'olive, c'est tellement meilleur!
Un temple dans une grotte, le Wat Suwan Khuha

Et dans un coin, un big bouddha!
A l'extérieur, ça s'amuse avec les singes qui font la renommée de la grotte...
Pendant ce temps-là, les esprits gardiens (les prá poum) veillent depuis de petites maisons situées dans les jardins

Pour la visite de la baie, nous sommes passés par une agence qui nous a affrété un petit long tail boat ; c'est alors accompagnés d'un Argentin et d'un Allemand que nous nous sommes émerveillés devant ces incroyables îles, disposées ça et là dans la mer par les mouvements d'une faille continentale.

Avec la proximité de Phuket, la baie est très fréquentée mais nous avons heureusement assez bien réussi à passer à travers les mailles du tourisme de masse. Quelques-uns de ces speed boats pleins à craquer et aux enceintes hurlant du David Guetta ont quand même croisé notre chemin... c'est le jeu ma pauvre Lucette!

Notre visite commence par une traversée de la mangrove
Peu après, le spectacle commence!
Le village musulman sur pilotis de Koh Panyi


Visite d'une première grotte


L'une des rares stalactites qui n'a pas été cassée...

Dans une autre grotte qui mène...

...à un incroyable cirque caché !
Et enfin, Khao Phing Kan et l'îlôt Ko Tapu! Si vous aimez suivre les aventures de James Bond, ce décor devrait vous dire quelque chose...


Après les Galapagos, voilà qu'une envie de snorkeling nous reprend! Notre balade sur la côte d'Andaman se termine alors à Khao Lak, la porte des îles Similan qui sont considérées comme un paradis sous-marin pour sa multitude de récifs coralliens. Khao Lak est une station balnéaire s'étendant sur une vingtaine de kilomètres et qui avait été la région du littoral thaïlandais la plus touchée par le tsunami de 2004.

Nous avions lu que l'endroit se remettait lentement de la catastrophe, nous imaginions alors un patelin plus ou moins tranquille avec une dizaine d'hôtels mais pas plus. Quelle fut alors notre surprise lorsque, entourés d'une horde de touristes, nous nous sommes retrouvés sur une quatre voies traversant une quantité d'hôtels et de restaurants! La surprise passée, arriva alors la déception! Nous renseignant enfin sur les spots de snorkeling des îles Similan, nous apprenons que le paradis n'est plus, il a été remplacé par l'enfer du tourisme et toutes ses tristes conséquences comme le blanchissement des coraux. Dépités, nous pensons repartir aussi sec... Ce serait quand même dommage!

Finalement, nous restons et optons pour un archipel situé un poil plus loin, celui des îles Surin, apparemment moins fréquenté... Mais à la vue des groupes de touristes qui attendaient pour l'embarquement, cette notion a su nous démontrer toute sa relativité!

A la fin, la journée a été belle, les récifs se sont révélés magnifiques et les autres bateaux de touristes se sont peu montrés. Notre appareil photo n'étant pas waterproof, il faudra imaginer pour les coraux, les poissons-clowns, les énormes bancs de poissons, les bénitiers et les grandes étoiles de mer bleues...


Un bateau de police que le tsunami a transporté à 2kms de la mer et qui fait désormais office de mémorial

Un village de gitans de la mer, connus ici sous le nom de Moken



L'envers du décor...

Belles forêts tropicales, sable blanc, eau cristalline...Mais oui, c'est ce qu'on appelle une île paradisiaque!

Ce sont les yeux pleins d'étoiles de mer que nous quittons la Thaïlande, un pays qui nous laisse une certaine impression de vacuité... Avec en toile de fond un pays axé sur le tourisme de masse, toute la vie des Thaïlandais est en effet tournée vers la famille, la religion, et le roi. Et après, pas grand chose visiblement. Jacques, un Français passionnant et passionné rencontré à Phang-Nga et vivant depuis sept ans en Thaïlande, nous a un peu confirmé cette impression. Jamais il n'a eu l'occasion d'avoir une discussion sérieuse, allant au-delà des simples banalités. Le débat, la critique, non merci! Même le simple mot "non" n'existe pas dans le vocabulaire thaï, "non" se traduit en réalité par "mâi châi", c'est-à-dire dire "oui non"... Comme dirait Jacques, tout est dit! En même temps, ce doit être assez difficile de l'ouvrir quand on vit dans l'Ancien Régime, les smartphones et les pick-ups en plus. Le roi Bhumibol et sa famille, qui tiennent une bonne partie des richesses du pays, sont intouchables et vénérés comme des demi-dieux. Après un énième coup d'Etat en 2014, la junte militaire est au pouvoir et a remis le crime de lèse-majesté à l'ordre du jour pour museler toute opposition. Le concept est pratique: toute critique à l'égard des magouilles des militaires devient par ricochet une atteinte au roi. C'est comme cela qu'un jeune Thaï s'est retrouvé en prison pour avoir offensé le chien royal mais en réalité il avait aussi et surtout diffusé sur Facebook des informations sur une affaire de corruption impliquant de hauts responsables militaires... Pendant ce temps-là, le clergé ponctionne tranquillement la population et lui bourre le mou avec l'accumulation de mérites. Et c'est dans ce meilleur des mondes que la société thaïe présente un visage serein et souriant aux visiteurs de passage que nous sommes... étonnant.

dimanche 27 mars 2016

Babar dans le Triangle d'or

Après un premier week-end passé à Chiang Mai, nous filons vers l'est à Chiang Rai. Chiang Rai n'a pas un charme fou mais constitue une bonne base pour faire une balade à moto et découvrir les coins reculés de ce qui fut le triangle d'or.

Au marché de nuit
L'attraction de Chiang Rai, une horloge qui fait un show son et lumière toutes les heures

Cette région montagneuse, qui dessine effectivement un triangle entre Chiang Rai, Ban Houay Sai au Laos et Kyaing Tong au Myanmar, a été dans les années 60-70 la plus grande productrice d'opium. C'est de cette époque qu'elle a tiré son surnom, l'opium étant très rentable, les trafiquants étaient payés directement en or.

Côté thaïlandais, sous la pression des autorités nationales et internationales, les champs de pavot à opium alors cultivés par les différentes ethnies peuplant les montagnes ont depuis quasiment été éradiqués; ce qui n'est pas encore totalement le cas chez les pays voisins. Les cultures de substitution comme le café, le thé, le maïs ou des arbres fruitiers les ont remplacées. Désormais, le Triangle d'or se résume pour la Thaïlande à Sop Ruak et ses musées hypertouristiques sur l'opium... Pendant que le Triangle dort, c'est maintenant au tour du Croissant d'or (la région de l'Afghanistan), avec sa production annuelle de plus de 5 tonnes d'opium, d'être sur le devant de la scène.

C'est donc encore une fois façon Easy rider que nous avons découvert la région. Notre première étape fut le petit village de Mae Salong, perché sur des collines luxuriantes. N'ayant pu se joindre à l'exode pour Taiwan et chassé par les autorités birmanes, c'est un régiment du Kuomintang, l'armée nationaliste chinoise menée par Tchang Kaï-chek qui a créé ce village, un petit bout de leur Yunnan natal. 

A Mae Salong, nous y avons donc trouvé des Chinois, des femmes coiffées de boules de métal (de l'ethnie des Akhas si nous ne nous trompons pas), encore un wat, le Wat Santakhiri et tout plein de salons de thé. C'est ainsi que nous avons dégusté le délicieux thé oolong et le thé de givre, celui-ci était si bon que nous n'avons pas pu partir sans en acheter un paquet!


La jolie vue depuis le temple

Jusque là, nous sommes assez déçus par les paysages. Mais après Mae Salong, la route nous offre enfin de beaux tableaux dorés par la couleur soleil couchant.



Stéphanie perdue dans les théiers



Après une nuit passée dans une espèce de motel, dont nous devions être les seuls clients, nous partons en direction du Doi Tung, un mont au sommet duquel se trouve... un temple bien sûr! Il s'agit du Wat Phra That Doi Tung, surtout réputé pour les deux chedis jumeaux de style lanna qui le jouxtent. Non loin de là, sur les pentes du mont, la mère du roi avait fait édifier un palais d'été dans l'espoir que les populations des montagnes, honorées par la présence royale, se détournent de la production de l'opium...on n'aurait pas un peu le melon? Depuis, le palais est devenu un musée visité par des hordes de touristes thaïs. A la vue de tous ces bus, la décision est vite prise: euh on s'en fiche un peu de ce palais, non? Allez, zou!

Le Wat Phra Doi Tung


Sur la route, nous apercevons des champs d'ananas


Le soir, nous passerons la nuit dans un endroit des plus atypiques. Perdue au milieu des montagnes et de la jungle, se trouve une guesthouse tenue par une française, Sophie, son mari "Mumu" et ses beaux-parents d'origine karen. Une fois installés dans notre chambre, un tipi en paille, nous avons eu tout le loisir d'observer les scènes de vie de la ménagerie qui nous entoure. Car Sophie, en plus de son faux-air de Brigitte Bardot, partage comme elle une passion pour les animaux. Les cochons bien sales, les petites poules qui se dandinent autour du coq, le bouc qui ne pense qu'à charger, les moutons en recherche d'affection, les chiens qui ne pensent qu'à jouer, les chevaux qui cavalent... toute la ferme est bien là. Enfin presque, parce que si nous sommes là, c'est surtout pour Mélanie et sa fille Gypsie, deux éléphantes que la famille a adoptées. Mais pour le moment, elles sont dans la jungle, occupées à manger du bambou. Pour nous occuper, le bouc, ravi d'avoir des compagnons de jeux, passe son temps à nous pousser, sa grande passion dans la vie! 

Après cet entraînement de rugby, le dîner se passe sur une terrasse à la lueur des bougies, et c'est en étant les seuls hôtes, que nous savourons alors un plat typiquement karen, fait à base d'herbe que la belle-mère vient tout juste de couper à l'orée de la jungle.

Notre suite!
Après Nicolas,
... c'est Stéphanie qui explique au bouc qui est la plus forte!



Le jar pustule!

Petit brin de toilette dans notre salle de bain en plein air

Après toute une nuit rythmée par les chants des coqs, nous voilà réveillés par un autre son, comme celui d'une trompette bouchée... Bon dieu, les éléphants sont de retour! Ni une ni deux, nous enfilons nos vêtements et comme des gosses, nous assistons au spectacle quotidien de ces éléphants de compagnie choyés par leurs maîtres. Plus tard, le cornac, rôle assuré par le beau-père, les ramène à la jungle... pour avaler 200 kilos de végétaux par jour, il faut s'y mettre tôt! Pour nous, c'est alors l'heure de repartir vers Chiang Rai.



Ooh dis donc, il y a de bonnes choses par ici!

Pointure 144
Un petit remontant avant de partir!